Des gains de productivité

Ce billet a commencé comme un commentaire de celui de Stéphane Ménia. Voyant les proportions que prenait ce commentaire, j'ai décidé d'en faire un billet, comme à la grande époque des blogs économiques. Si vous n'avez pas déjà lu le billet de Stéphane, commencez par le faire.

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Nouveau changement de cap

Annonce bien tardive, puisque je suis depuis juillet 2017 Directeur exécutif de l'Observatoire du Bien-être. Si je parle plus formellement de mon nouveau poste sur mon autre blog, je reviens ici sur l'enchaînement de choses qui a conduit à ce tournant ma foi assez inattendu.

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Apprentissage papier et apprentissage digital

j'ai vu passer au cours des derniers mois plusieurs études prétendant établir que le papier et l'écriture manuscrite favorisent plus l'apprentissage que les supports numériques. Je n'ai pas d'avis sur le sujet mais il me semble que les fondements méthodologiques de ces études sont très discutables.

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Note de lecture: Petite Poucette, par Michel Serres

Je viens de lire, avec beaucoup de retard, Petite Poucette de Michel Serrres.

Il est difficile de ne pas sympathiser avec le regard affectueux, admiratif et encourageant que le vieil homme jette sur une jeune génération, regard qui contraste si agréablement avecl'aigreur d'autres hommes de son âge (Alain Finkelkraut en est un exemple). Ce d'autant plus que je rejoins à titre personnel beaucoup des idées exprimées dans ce livre sur les transformations individuelles et sociales amenées par la diffusion des technologies de communication en réseau. Comme l'a relevé le collègue qui m'a prêté ce livre (merci Thomas), si l'ouvrage est concis et se lit rapidement, il n'en est pas moins dense en idées, que Serres esquisse plus qu'il ne décrit, sans doute pour que les étapes ne puissent pas faire perdre de vue l’ensemble du parcours.

Pour autant, je ne suis pas complètement convaincu par ce livre. Michel Serres me semble en effet souvent verser dans la généralisation abusive, généralisant à toute une génération la Petite Poucette qu'il observe dans le cercle privilégié d'établissements d'enseignement sélectifs et de quartiers privilégiés. Si une nouvelle relation à la connaissance explique effectivement le chahut de classes des beaux quartiers, Michel Serres ne semble pas avoir mesuré l'ampleur que peut prendre la contestation systématique appuyée non pas sur une information universelle et distribuée, mais sur une restriction de l'information à une poignée de sources partisanes. Même dans un monde idéal où l'information serait librement accessible, l'attention reste une ressource rare, et le choix des sources d'information pertinentes n'est ni inné, ni aisé.

Il y a de plus loin du monde de la communication fluide et instantanée décrit par Serres à l'ensemble de bulles très inégalement poreuses qui constituent les internets actuels. Sur ce point, les constats énoncés par Frédéric Martel dans Smart (note de lecture) écrasent la version idéale de Serres comme le parpaing de la réalité écrase la tartelette aux fraises de nos illusions[1].

Je suis peut-être trop sombre dans ma vision de ce livre. L'effort fait par Serres de comprendre les générations nées à partir des années 1980 mérite qu'on s'y arrête, d'autant plus que ce livre se veut un antidote aux clichés du vau-l'eau et des neiges d'antan. Il s'agit indéniablement d'un livre riche et très agréable à lire. Mais sa musique optimiste ne doit pas faire oublier que l'éducation aux outils du numérique, dont la Petite Poucette de Serres serait un produit presque idéal, ne va pas de soi.

P.S : ce post a été écrit sur tablette dans le train, donc je vois prie d'excuser les nombreuses coquilles.

Note

[1] © @Bouletcorp

L'éducation nationale et les chercheurs

Il y a deux jour, Une heure de peine a attiré mon attention sur une pétition, relayée par Libération, Intitulée "L’Éducation nationale méprise-t-elle ses chercheurs ?". Cette pétition se fait l'écho de la détresse des doctorants et jeunes docteurs arrivant dans le secondaire et faisant face à une absence de reconnaissance de leur travail de recherche. Si elle repose sur un mal-être indéniable, cette pétition ne pose à mon sens pas les bonnes questions.

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